Frédéric TACHOT

Extrait d’une présentation parue dans la revue Graphê n° 5, page 12, en septembre 1994, sous le plume de Georges Bonnin, alors directeur général de l’Imprimerie nationale.

La revue Graphê est le bulletin trimestriel de l’Association de promotion de l’art typographique. Elle est constituée majoritairement de professionnels de la typographie au plomb.

Frédéric Tachot n’a pas besoin d’être présenté dans le monde de la typographie. Issu de six générations de typographes, petit-fils d’un des premiers opérateurs linotypiste de L’Humanité à l’époque de Jaurès, fils du chef de la composition du journal Le Monde, neveu de maîtres imprimeurs, il a reçu lui-même une formation de typo très complète et poursuivi une carrière très riche dans la profession, travaillant dans plusieurs groupes d’imprimerie (Grou-Radenez, Ofmi-Garamont, Sirlo), montrant au passage ses talents de pédagogue à l’École Estienne et exerçant enfin des responsabilités de gestion de sa compétence au BRGM.

Ne revendiquant pour lui-même que le seul beau titre de typographe, il mène campagne depuis plus de vingt ans pour une cause qui nous est chère : la défense de la belle typographie. Il a ainsi publié de nombreux articles, fait de multiples conférences. Historien, érudit, il cherche à saisir la vérité éternelle de la typographie, y compris dans les bouleversements actuels des procédés d’imprimerie…

 

En 1994, aidé par deux imprimeurs résistants (dès octobre 1940) : Maurice Gleize et Henri Chapnik, qui lui lèguent la totalité de leur matériel, il crée l’association Format Typographique et met au point une méthode d’enseignement originale : la typothérapie. Il intervient dans les établissements scolaires des classes maternelles jusqu’à l’université. Prenant pour support la fabrication d’un ouvrage, il aborde l’ensemble des notions évoquées en classe sous un angle pratique. Ce n’est plus le cerveau qui se remplit pour une utilisation future mais la nécessité de faire qui impose l’apprentissage. Hygiène, ordre, méthode, histoire, géographie, recherche, économie, géométrie, arithmétique, mathématiques, chimie, physique, mécanique, optique, autant de matières utilisées au cours de la réalisation d’un livre.

Face aux demandes d’interventions croissantes et à la disparition des fonderies de caractères, il rachète – avec le modeste héritage de son père – quelques fondeuses à l’Imprimerie nationale et à l’imprimerie des Presses universitaires de France. Étant parmi l’un des derniers à savoir faire fonctionner, entretenir et réparer ces machines, il fond lui-même ses polices afin d’alimenter les élèves en caractères.

 

L’association Format Typographique a du mal à faire face aux nombreuses demandes qu’elle reçoit. En dix années, après des demandes réitérées, des soutiens internationaux et des résultats probants, la municipalité de Saran (Loiret) a offert trois classes à l’association afin d’y ouvrir un atelier en avril 2005. Cela n’a pu être réalisé qu’après une expertise du matériel et une étude approfondie menée par un cabinet d’audit, l’ensemble ayant été géré par la DRAC Centre.

 

http://www.ville-saran.fr/atelier-typographique

http://ihl.enssib.fr/bases-de-donnees/repertoire-des-musees-du-livre-en-europe/98568-association-format-typographique




ARTICLE DANS LA REP


VIDEO YOU TUBE

ATELIER
les deux jours

 

Composition et impression typographiques

 

Mise en fonctionnement d’un petit atelier permettant de composer et d’imprimer un texte et des illustrations. Cette animation réalisée avec un matériel très simple permettra aux visiteurs de comprendre une activité qui a duré cinq siècles.